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Brody Prince George, C.-B.


Ayant elle-même subi 22 opérations pour son propre bec-de-lièvre, Lisa sait ce qui l’attend lorsque son fils, Brody, naît avec des fentes palatines et labiales bilatérales, qui rendent l’allaitement au sein ou au biberon impossible. Brody accumule aussi trop d’air dans son estomac : même si les médecins réussissent à le nourrir, il régurgite aussitôt la nourriture.

À trois semaines et demie de vie, Brody perd rapidement du poids. On le transporte de sa ville natale, Prince George, jusqu’à Vancouver, où il reçoit des soins spécialisés. Par succion, on lui installe un palais artificiel lui permettant de manger pour la première fois de sa vie. Toutefois, ce n’est que le début d’un long périple. Bien que le traitement des fentes labiales ait beaucoup progressé depuis l’enfance de Lisa, Brody doit subir plusieurs interventions chirurgicales et se présenter à de nombreux rendez-vous afin que l’on surveille la reconstruction de son visage.

Pour reconstruire le visage de Brody, maintenir sa structure et garder les implants nasaux en place, on a dû y tendre du ruban et installer des fils entre sa bouche et son nez. « On devait remplacer le ruban trois fois par jour », se souvient Lisa. « Il avait toute une tête. »

Ces techniques permettent de réduire considérablement le nombre d’interventions chirurgicales, mais il faut constamment surveillez Brody, qui n’est qu’un bébé, pour qu’il n’arrache pas les fils et le ruban de son visage. « Je devais lui mettre des gants, mais, malgré cela, il réussissait à faufiler ses doigts et à tout arracher. Il y avait des fils et du ruban partout! Puis, je devais tout refaire », raconte sa mère.

Pour assurer le bon déroulement du traitement, Brody et sa mère doivent aller à Vancouver, et donc parcourir près de 800 kilomètres, toutes les deux semaines pendant plusieurs mois. Comme Brody doit toujours être surveillé en raison de l’état de son visage, elle ne peut pas conduire jusqu’à Vancouver. Avec le temps, la fréquence des rendez-vous ralentit, mais Brody a encore besoin de traitements spécialisés.  

Tout au long de ces années, prendre l’autobus aurait été trop stressant, pour Lisa comme pour les autres passagers. « Brody pleurait beaucoup », précise-t-elle. « Les gens le regardaient de travers, à cause de son apparence. »

Il ne restait plus que l’avion comme moyen de transport viable, mais le coût était un obstacle de taille pour Lisa, mère célibataire de deux jeunes enfants. Elle ne pouvait pas se le permettre. Ainsi, le jour où elle a appris que Vols d’espoir pouvait aider Brody à recevoir les soins spécialisés dont il avait besoin, elle s’est réjouit. « Il n’aurait jamais pu voir son médecin aussi souvent qu’il en avait besoin, si ce n’avait été de Vols d’espoir », affirme-t-elle. « Je ne sais pas ce que je ferais sans ce service. » Au cours des années, Vols d’espoir a continué de soutenir Brody en lui offrant plus de 20 vols.

Aujourd’hui, à huit ans, il est un petit garçon actif. Il adore nager et faire de la bicyclette, et il compte bientôt commencer la boxe. Brody a déjà subi trois opérations et devra en subir d’autres en vieillissant, mais le temps du ruban et des fils est révolu : il n’a laissé de traces que dans l’album de Lisa.

« Je ne saurais exprimer ma gratitude », dit Lisa. « Les mots me manquent. Vols d’espoir a été une bénédiction pour nous. »